Aurions-nous oublié qui sont vraiment les premiers de cordée ?
Malgré le soleil radieux qui baignait Lyon ce week-end, j’ai choisi l’ombre d’une salle de cinéma pour voir « En première ligne ».
Pendant près de deux heures – l’équivalent d’une garde – on suit Floria, infirmière en Suisse, courant d’une urgence à l’autre sans jamais perdre son humanité.
Dans un style quasi-documentaire, le film restitue la réalité de celles et ceux qui, souvent au péril de leur propre santé, prennent soin de nous. La rengaine est la même qu’en France : « nous sommes en sous-effectif aujourd’hui », « désolée pour cette attente, nous ne sommes que deux au service ».

Il faut tout à la fois emmener un patient au scanner ou au bloc, faire un prélèvement urgent, secourir une patiente en arrêt cardiaque… La charge est tant physique que psycho-émotionnelle.
Tout au long du film, une question m’a taraudé : comment en est-on arrivé à valoriser – symboliquement comme financièrement – bien davantage celles et ceux qui n’ont jamais été, ne sont jamais en première ligne, plutôt que ceux qui le sont chaque jour ? Pourquoi, dans l’ordre de nos priorités , avons nous placé la production de tableurs Excel et de slides bien avant le soin ?
À l’instar de « Au boulot » (réalisé par François Ruffin), « En première ligne » nous rappelle une évidence : il est urgent de remettre la dignité, le soin et l’attention aux autres au centre de nos priorités collectives.
En avril 2020, Emmanuel Macron estimait que « notre pays, tient tout entier, sur des femmes et des hommes que nos économies rémunèrent si mal ». Une « révélation » bien vite oubliée !

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