Transparence pour Léonore

Ce que la misère de l’hôpital public nous a fait : bref récit de la mort de Léonore

Texte initialement publié sur LinkedIn le 15 mai 2025 

Abordée à de nombreuses reprises par les médias au cours des dernières semaines, la misère des urgences hospitalières publiques nous a percutés de plein fouet au début de l’année 2025. Notre fille devait nous rejoindre au mois de mars ; elle est née sans vie le 18 janvier, à la fin du 7ème mois de grossesse ; deux jours plus tôt, son cœur avait cessé de battre.

Comment en sommes nous arrivés là ?

15/01/2025 à 20h30 : ma compagne chute dans un escalier, avec choc au niveau du visage. Elle saigne très abondamment du nez. Les secours sont appelés.

21h15 : elle est tout d’abord admise à la maternité de l’hôpital lyonnais des HCL assurant le suivi de la grossesse ; la sage-femme de garde ne parvenant pas à stopper le saignement malgré la pose d’une mèche de Coalgan dans le nez, nous sommes envoyés au service d’accueil des urgences de cet hôpital, où nous arrivons à 22h20.

3h15 : ma compagne sort des urgences avec, pour seul traitement de l’épistaxis…le Coalgan posé par la sage-femme ! Les intervenants se satisfont de l’apparent « tarissement » du saignement après 2h30 d’écoulement abondant et ininterrompu ayant quasiment permis de remplir deux « haricots » d’une contenance de 750 ml chacun.


Visiblement débordé et dépassé, l’interne de garde, seul médecin que nous avons vu au cours de la nuit, n’a procédé à aucun geste de nature à identifier l’origine du saignement et à en vérifier l’arrêt effectif. Il nous est indiqué que ce saignement était tout à fait bénin ; nos questions agacent un peu, tout cela semble relever de la « bobologie » la plus futile. Il y a manifestement plus urgent et plus grave dans ce service. Afin de ne pas alourdir le propos et le sens de ce post n’étant pas de mettre en cause les soignants même si des erreurs humaines évidentes ont été commises, je passe sur les autres points susceptibles de constituer des négligences, ainsi que sur les éléments qui ont pu les rassurer.

Retour à la maternité afin de finir les examens obstétricaux, qui montrent que tout va bien pour notre bébé.

Pleinement rassurés, nous rentrons à notre domicile aux alentours de 5h00.

16/01/2025 à 8h30 : dès son retrait, le Coalgan s’avère avoir été un véritable cache-misère ; le saignement reprend abondamment. Les secours interviennent et ma compagne est de nouveau transportée aux urgences du même hôpital, où elle est prise en charge à 9h24.

Une échographie constate l’arrêt du cœur de notre bébé.

Les recherches sérieuses réalisées à ce stade permettent de constater que le saignement provient en réalité d’atteintes à l’artère faciale ; ma compagne est en état de choc hémorragique. Elle a bénéficié de transfusions en quantité importantes ainsi que d’une intervention sous anesthésie générale en urgence visant à emboliser/cautériser l’artère endommagée.


La naissance sans vie de notre fille a eu lieu le 18 janvier ; ses obsèques, le 3 février.

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