Transparence pour Léonore

TF1 – 17 octobre 2024 : « Trois heures d’attente avec des douleurs atroces » : colère à Lyon face à la queue des ambulances devant les urgences.

Un article de TF1 remontant à octobre 2024, soit 3 mois avant la mort de Léonore, à propos des difficultés rencontrées par le service des urgences de l’hôpital de la Croix-Rousse. En janvier 2026, Madame Dominique S., directrice du groupement nord des HCL osera affirmer que le service en question était en bonne santé à cette période.

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Aux urgences de l’hôpital de la Croix-Rousse, cette ambulance vient se glisser dans la file d’attente. Les patients sont immobilisés à bord des véhicules de transport. Le temps défile lentement. « On est arrivé à 11h35. Il est 12h 35. On n’est toujours pas passés. Il y a à peu près quatre ambulances devant nous« , déclare Sofiane Nekki, ambulancier à Lyon, dans le reportage du 13H de TF1 visible en tête de l’article.

Près de deux heures plus tard, la patiente peut enfin passer la porte des urgences. Elle est pourtant hospitalisée pour une suspicion d’AVC. « Imaginons qu’elle fasse quelque chose dans l’ambulance en attendant. Du coup, ça fait un retard de prise en charge et ça peut être compliqué par la suite« , alerte Thomas Genoux, infirmier.

« Trois heures d’attente avec des douleurs atroces »

À l’entrée des urgences des hôpitaux lyonnais, cette situation se répète régulièrement. Une attente parfois synonyme de souffrance pour les patients. « Deux heures et demie, trois heures d’attente avec des douleurs atroces. À ce moment-là, ils sont quand même venus me donner un peu de morphine, » affirme une patiente. « C’est interminable. J’avais mal. Je tombais presque dans les pommes« , poursuit un autre.

Une situation qui devient intenable pour les ambulanciers privés. « On est devenu une prolongation des lits d’hospitalisation. Nos ambulances sont devenues des lits d’hospitalisation« , s’indigne Bruno Basset, président de la fédération nationale des ambulanciers privés (FNAP).

« Quand on est là, on n’est pas ailleurs »

Une vidéo filmée par les pompiers à l’entrée des urgences de l’hôpital Édouard-Herriot montre pas moins de dix véhicules en attente que leur patient soit pris en charge. Des pompiers actuellement en grève depuis le 1ᵉʳ octobre, notamment pour dénoncer tout ce temps perdu. « Quand on est en attente aux urgences, on n’est pas ailleurs. On fait aussi de l’incendie, du secours routier et des missions spécialisées, risques chimiques ou autres. Quand on est là, on n’est pas ailleurs« , insiste Steeve Martinez, président départemental du syndicat autonome des pompiers.

Les causes de ces dysfonctionnements sont multiples. Mais les syndicats alertent surtout sur le manque de personnel. Difficulté de recruter d’une part pour un métier qui devient moins attrayant. Mais aussi épuisement des équipes, parfois en arrêt maladie. Exemple aux urgences de l’hôpital Édouard-Herriot : « Sur 82 infirmiers, il y en a 10 qui sont absents, soit plus de 12%. Et sur 55 aides-soignants, il y en a 13 qui sont absents. Donc c’est énorme. Et il y a un problème aussi au niveau des médecins. On manque de médecins urgentistes« , affirme Chaïbia Jassen, secrétaire générale de la fédération autonome de la fonction publique hospitalière.

La direction des hôpitaux Lyonnais a conscience du problème. « Lors de journées de très fortes activités aux urgences, des temps d’attente pour l’admission peuvent être constatés, qui font toujours l’objet de mesures d’adaptation pour améliorer la situation« , indique la direction des hospices civiles de Lyon. Mais pour l’instant, aucune mesure n’est annoncée pour désengorger les urgences.

La rédaction de TF1info Reportage C. Buisine, B. Gereys, E. Lévy

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